L’asthme est une maladie respiratoire chronique non transmissible caractérisée par des crises récurrentes où l’on observe des difficultés respiratoires et une respiration sifflante. Lors d’une crise d’asthme, la paroi des bronches gonfle, ce qui entraîne un rétrécissement de leur calibre et réduit le débit de l’air inspiré et expiré.
Les symptômes peuvent se manifester plusieurs fois par semaine voire par jour et s’aggravent chez certaines personnes à l’occasion d’efforts physiques ou durant la nuit (période où le diamètre minimum des bronches est atteint et qui peut provoquer une perte de près de 50 % de ventilation, en particulier chez les enfants. 
Pour l’asthme récurrent, les symptômes les plus fréquents sont des insomnies, une fatigue diurne et une baisse de l’activité avec comme conséquence un absentéisme à l’école et au travail.
Comparé à d’autres maladies respiratoires chroniques comme la Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’asthme a un taux de létalité relativement faible.

Sommaire

Un peu d’histoire

Connu dès l’Antiquité grecque, l’asthme a très tôt été décrit et observé par les médecins avant d’être identifié comme une maladie respiratoire chronique des bronches. C’est à Hippocrate de Cos, au IVe siècle avant J. -C., que l’on doit l’identification de l’asthme, qui signifie « respiration pénible ». Le médecin grec Arétée de Cappadoce, au Ier siècle après J. -C., décrit pour la première fois une crise d’asthme comme « une soif d’air inextinguible ». Nous lui devons également de caractériser l’asthme parmi les maladies liées également au dysfonctionnement respiratoire. Il entrevoit même un lien entre difficultés à respirer et la pratique de certains métiers où des poussières peuvent être inhalées.

Qu’est-ce que l’asthme ?

L’asthme est une maladie inflammatoire et chronique des bronches, apparaissant le plus souvent chez l’enfant. Il ne faut pas la confondre avec la BPCO qui ne se guérit pas, comme le précise le Dr Gilles Jebrak, pneumologue à l’hôpital Bichat de Paris, interviewé par l’émission Allô Docteurs, (France 5), le 29 juin 2016 : « L’asthme est une maladie qui a priori dans la très grande majorité des cas est d’origine allergique, c’est-à-dire que c’est le contact avec les allergènes qui va déclencher une réaction inflammatoire. Il s’agit d’une réaction inflammatoire un peu particulière qui n’est pas celle que l’on observe dans la BPCO. La BPCO, elle, est une maladie que l’on contracte au contact de pathologies toxiques. Donc il faut un terrain prédisposé pour faire de l’asthme alors que pour la BPCO, il faut peut-être un terrain prédisposé mais il faut surtout une exposition à des produits toxiques inhalés. » Comme produits toxiques inhalés, on pense bien entendu à la fumée de tabac.

Dans le cas de l’asthme, l’inflammation est responsable de divers phénomènes au niveau des voies respiratoires (œdème, contraction des muscles bronchiques, sécrétion de mucus) qui provoquent une obstruction bronchique. 
L’asthme est caractérisé par la survenue de crises et d’épisodes de gêne respiratoire sifflante, mais dans certains cas, la toux peut être le seul symptôme. Entre les crises, la respiration est en principe normale.

Il existe plusieurs types d’asthme :

  • l’asthme chronique : l’inflammation respiratoire s’installe lentement et progressivement, et peut se manifester dès le plus jeune âge par des crises d’asthme répétées ou des bronchites sifflantes chroniques. Dans ces conditions, il s’agit d’une aggravation du syndrome asthmatique, qui prend un caractère chronique (donc récidivant), alors qu’il existait jusqu’à cette aggravation un facteur déclencheur.
  • l’asthme allergique : il est caractérisé en général par la survenue d’une ou plusieurs crises causées par une réaction excessive des bronches du malade à un agent extérieur (le plus souvent allergisant). Il s’agit de la forme d’asthme la plus grave sur le court terme, le degré de réaction bronchique pouvant être particulièrement important et parfois mortel.
    La crise d’asthme allergique se manifeste par une obstruction soudaine qui provoque un étouffement par suffocation : l’impossibilité d’expirer correctement empêchant une nouvelle inspiration. Parallèlement, cela induit un manque d’oxygénation du sang et a pour conséquence de saturer l’organisme en dioxyde de carbone.
  • l’asthme d’effort : cette affection survient à l’occasion d’un effort physique qui a pour conséquence de solliciter particulièrement les bronches, traumatisant ainsi la respiration. Le système cardiaque est sollicité comme lors de séances de cardio-training chez les sportifs par exemple.

L’asthme en France et dans le monde

L’asthme sous toutes ses formes impacte 4 millions de français, dont une proportion de 10 % d’enfants. De ce fait, c’est la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant.

En région PACA, qui est une zone à très fort taux d’allergènes (comme certains pollens d’essences et de graminées méditerranéens) et où la prévalence du tabagisme connaît un triste record parmi toutes les régions françaises, cette pathologie est fortement présente. 

Selon les données de l’Assurance maladie et d’après le rapport 2017 « Projections des maladies chroniques en région Paca à l’horizon 2028 » de l’Observatoire régional de la santé (ORS) PACA, plus de 76 000 personnes de moins de 45 ans souffrent d’asthme en 2015, soit près de 3 % de cette catégorie d’âge. La prévalence est marquée chez les jeunes garçons de moins de 15 ans (5,5 %), tandis que chez les femmes, c’est parmi les 30-44 ans que l’on trouve l’effectif le plus important : supérieur à 16 000 personnes. 

Et par projection, d’ici 2028, entre 3 % à 4,9 % de la population de la région pourrait être atteinte d’asthme.

En Europe, ce sont 10 millions d’enfants et d’adultes de moins de 45 ans qui sont touchés.
Un chiffre qui atteint 339 millions d’individus dans le monde (en 2016, source OMS).

Quels sont ses principaux facteurs de risque ?

C’est souvent par une association de facteurs environnementaux et d’antécédents familiaux que l’asthme et ses crises surviennent.
Il s’agit fréquemment de réactions allergiques à certains allergènes intérieurs (acariens, moisissures, champignons) ou présents à l’extérieur (pollens ou moisissures).
La fumée du tabac primaire, secondaire, et tertiaire, les produits chimiques et irritants sur les lieux de travail ainsi que l’exposition à la pollution atmosphérique et aux particules fines, sont des facteurs aggravants.
Mais aussi l’air froid, certains médicaments anti-inflammatoires, l’exercice physique ou encore certains états émotionnels, peuvent également déclencher une crise – quelques grands sportifs internationaux, comme la joueuse de tennis Justine Hénin, ont vu leur carrière impactée par la maladie.

Peut-on guérir de l’asthme ?

L’asthme est ce que l’on appelle une maladie respiratoire chronique : cette affection persiste donc dans l’organisme de l’individu, même si des phases de rémission peuvent durer plusieurs années, faisant parfois oublier la maladie. Mais dans 95 % des cas, il est heureusement contrôlé.

C’est par la qualité de la prise en charge et des soins que repose ce constat, grâce à un traitement spécifique  – pris par voie inhalée – comportant un bronchodilatateur adapté pour les symptômes et, si nécessaire, un traitement de fond anti-inflammatoire qui permet d’éviter les crises et de maintenir une fonction respiratoire normale.
En apprenant à identifier les facteurs déclenchants - tabagisme actif et passif, acariens, etc. – grâce à une prise en charge associant étroitement le malade et les différents acteurs de santé – médecins généralistes et spécialistes, infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens – et par l’éducation thérapeutique du patient et de son entourage, l’asthme peut être mieux vécu.

Dans cette optique d’éducation thérapeutique, des écoles de l’asthme ont été créées dès 1992 et sont désormais présentes dans presque tous les départements. Elles permettent aux patients de mieux comprendre leur maladie tout en leur apprenant à la contrôler et ce, dès leur plus jeune âge. L’éducation thérapeutique est même recommandée chez les tout-petits, comme le soulignent les récentes recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) sur l’asthme de l’enfant.
Dispensée à tous âges et stades de la maladie et coordonnée par des professionnels de santé, l’éducation thérapeutique permet d’acquérir les compétences utiles et parfois vitales  pour mieux appréhender et gérer l’asthme au quotidien et comment réagir face à des situations difficiles ; avec les traitements, elle permet de réduire les hospitalisations et les appels aux services d’urgence, de faire baisser les crises et les symptômes et ainsi d’améliorer grandement la vie de tous les jours.

L’asthme, responsable d’absentéisme dans le monde professionnel en raison de l’exposition à certaines substances ou matériaux, est reconnu pour 5 % à 10 % des cas en France comme maladie professionnelle. L’utilisation de certains composants ou matériaux pouvant en effet altérer considérablement la qualité de vie des personnes qui les pratiquent (métiers de la boulangerie, de la coiffure, du travail du bois, du BTP ou encore le secteur des entreprises de nettoyage, etc…).

Asthme chez l’enfant et environnement

Absentéisme au travail mais également absentéisme en milieu scolaire. Les enfants sont les plus touchés par l’asthme et sa prévalence peut être partiellement expliquée par des facteurs environnementaux.
L’asthme n’est pas une conséquence de la pollution de l’air extérieur,  mais son taux peut l’aggraver chez certains patients déjà atteints d’affections respiratoires.
Le rôle de la pollution intérieure, et notamment l’exposition à la consommation de tabac, est déterminant. Le tabagisme passif peut induire et aggraver un asthme : son incidence est d’autant plus importante que l’enfant est petit.

Cause importante et même invalidante de l’absentéisme scolaire, l’asthme, chez l’enfant peut être pris en charge dès son plus jeune âge. Les tests de dépistage sont donc d’une importance cruciale pour sa prise en charge et pour un meilleur accompagnement des familles

La sensibilisation aux acariens est un facteur de risque majeur de développement d’asthme chez l’enfant. La sévérité des symptômes varie avec le taux d’exposition, et l’éviction de ces allergènes a tendance à améliorer l’affection respiratoire.
Á noter qu’une exposition précoce aux poils des animaux domestiques et/ou du bétail pourrait être un facteur protecteur vis-à-vis des manifestations allergiques en général et de l’asthme en particulier. Cette exposition favoriserait plutôt l’immunité, mais une fois l’asthme installé, la mise à l’écart des animaux s’impose néanmoins chez l’enfant sensibilisé.

L’asthme peut également être un symptôme d’une rhinite allergique. D’après un sondage Ifop pour la 13e Journée française de l’allergie en 2019, seulement 39 % des français interrogés pensaient que la cause principale de l’asthme chez l’enfant est d’origine allergique. Une méconnaissance de la maladie puisque, chez les enfants, 80 % des asthmes le sont. Une proportion qui atteint 50 % chez les adultes.
Pourtant, il est possible de diagnostiquer l’origine allergique de l’asthme dès l’âge de trois ans. C’est la raison pour laquelle il est important d’effectuer un bilan chez un allergologue.

Un dossier complet « Asthme et environnement : de nombreux liens » est aussi à découvrir sur le site de la Fondation du Souffle.

Quelle aide apportons-nous ?

Le Souffle 84 est à l’écoute des personnes souhaitant s’informer sur l’asthme qui touche particulièrement les enfants. Notre association accompagne les patients en leur offrant des passerelles vers les acteurs locaux de la prévention et du soin et certaines structures et associations dont nous sommes partenaires : allergologues, pneumologues, tabacologues, etc.
En liaison avec les urgences du centre hospitalier d’Avignon pour les personnes asthmatiques y ayant été admises, un suivi et des tests réguliers de mesures du souffle sont proposés dans nos locaux par des bénévoles de la fonction publique de santé.
Notre maison-mère la Fondation du Souffle – dont nous sommes l’émanation départementale en Vaucluse – est également à même d’offrir son expertise au travers d’une documentation adaptée et de par ses actions générales pour lutter contre les maladies respiratoires. En 2018, pour la journée de l’asthme en France, la Fondation du Souffle a édité la brochure « Asthme URGENCES » et en régions, les divers comités ont organisé des journées de sensibilisation sur ce thème.

Des dates pour agir

  • 4 mai 2021 à 18h00 : 3e édition des Rencontres de la Fondation du Souffle « ASTHME : les agresseurs du souffle »
  • 5 mai 2021 : Journée de l’asthme en France, organisée à l’initiative de l’association Asthme et Allergies

Pour s’informer