En constante augmentation dans les pays industrialisés, les allergies respiratoires sont de plus en plus fréquentes dans un environnement détérioré par la pollution. De la rhinite à l’asthme, elles peuvent revêtir différentes formes. Au niveau national, elles affectent globalement un français sur trois, et la rhinite allergique en particulier toucherait 15 à 20 % de la population. Éternuements à répétition, nez qui coule et yeux qui piquent… Les symptômes d’une réaction allergique sont nombreux et empoisonnent la vie.

Sommaire

Qu’est-ce que l’allergie respiratoire ?

L’allergie respiratoire est due à un dysfonctionnement du système immunitaire quand celui-ci surréagit en entrant en contact avec des substances naturelles, souvent inoffensives, présentes dans l’air : entre autres, pollens d’arbres, graminées, poils d’animaux, moisissures, acariens. Les défenses immunitaires se mettent à produire des anticorps en grande quantité (les immunoglobulines E ou IgE) pour se protéger de l’allergène censé l’agresser.

Durant les deux phases de son installation, il y a d’abord un temps de sensibilisation, silencieux et sans symptôme : lors d’une première rencontre de l’organisme avec l’allergène, le système immunitaire fabrique des anticorps. Puis vient le temps de la réaction allergique : lors d’un contact ultérieur avec l’allergène, les anticorps précédemment fabriqués s’activent. Ils se fixent sur l’allergène, ce qui déclenche la production et le largage de différents médiateurs chimiques (histamine, leucotriènes, prostaglandines…) provoquant éternuements, écoulement nasal et congestion puis obstruction nasale et inflammation chronique.

Une allergie respiratoire peut apparaître à tout moment et à tout âge, et ces deux phases peuvent être éloignées de plusieurs années. Mais une personne ayant connu des allergies cutanées et/ou alimentaires dans son enfance présente davantage de risques de développer une allergie respiratoire à l’âge adulte. Les risques sont également plus élevés si l’entourage familial proche souffre d’une allergie respiratoire, cutanée ou alimentaire.

Quels sont ses principaux facteurs de risque ?

Environ 25 % de la population française souffre d’allergie respiratoire et de nombreux facteurs peuvent être à l´origine de ces manifestations. Ils peuvent être classés en trois catégories de nature environnementale :

  • les facteurs environnementaux intérieurs : allergènes potentiels respirés avec l´air intérieur des locaux (acariens, moisissures, poils d’animaux domestiques) ;
  • les facteurs environnementaux extérieurs : allergènes potentiels respirés avec l´air extérieur (pollens, moisissures) ;
  • les facteurs de pollution atmosphérique : il existe en effet une relation très étroite entre pollution, pollens et allergie. La pollution peut à la fois agir à la fois sur les pollens en modifiant leur structure biochimique extérieure et par-là même leur allergénicité, et sur les muqueuses respiratoires en modifiant leur sensibilité immunologique aux grains de pollens.

Quelle différence entre rhinite allergique et asthme ?

Les allergies respiratoires se manifestent principalement par l’apparition d’une rhinite allergique. Il s’agit d’une inflammation de la muqueuse (extrêmement fragile) des fosses nasales. Si elle n’est pas traitée, elle peut s’aggraver et provoquer de l’asthme. En effet, 80 % des asthmatiques adultes souffrent également de rhinites allergiques.

Lors des épisodes saisonniers où les réactions allergiques aux pollens provoquent une rhinite allergique (nez bouché, éternuements, nez qui coule et démangeaisons), une conjonctivite (yeux rouges qui piquent, avec sensation de sable dans les yeux), les petits pollens, susceptibles de pénétrer jusque dans les bronches, peuvent provoquer des crises d’asthme : diminution du souffle, sifflements bronchiques, toux persistante souvent nocturne. Toutes ces réactions peuvent être atténuées par la pluie mais aggravées par le vent.

L’association fréquente de ces deux maladies serait liée à une prédisposition de la personne aux réactions allergiques. Mais elle découle également  de la nature même des voies aériennes : lorsqu’une inflammation se produit au niveau de l’appareil respiratoire, elle peut entraîner une rhinite au niveau du nez et une réaction asthmatique au niveau des bronches.

Les pollens, uniques responsables ?

En partie…

Les grains de pollens sont, pour au moins 20 % de la population, responsables de réactions allergiques, en général saisonnières :  les “rhumes des foins”. L’augmentation de ce type d’allergies, qui aurait doublé en 10 ans, justifie la surveillance du contrôle de la qualité de l´air.
Mais les pollens ne sont pas tous dangereux car pour provoquer une réaction d’allergie, il faut que le pollen d’arbres ou d’herbacées (graminées, ambroisies, cyprès, bouleaux…) ait un certain nombre de caractéristiques dans sa dissémination : 

  • son abondance en quantité
  • sa petite taille et sa légèreté pour pouvoir rester dans l’atmosphère et parcourir de plus grandes distances
  • sa capacité à libérer les particules protéiques responsables de la sensibilisation.
L’ambroisie, appelée également herbe de la Saint Jean, herbe à poux, ou absinthe de pays, est une espèce invasive dont le pollen, extrêmement allergisant, provoque rhinites, urticaires, toux, eczéma, conjonctivites, asthme, trachéites, qui peuvent s’avérer très handicapants mais aussi très coûteux en termes de soins.

Mais pas seulement…

Le réchauffement climatique, qui induit un allongement de la période de pollinisation et une augmentation de la quantité des pollens et de leurs propriétés allergisantes, est un facteur aggravant. Par ailleurs, la pollution atmosphérique jouerait aussi un rôle en raison notamment de l’enrichissement de l’air en particules de diesel, qui entraîne également des modifications de l’environnement intérieur.

Au même titre que la pollution atmosphérique, la fumée de tabac (tabagisme actif et passif) et d’autres substances toxiques industrielles. D’autres peuvent être également pointés du doigt : liés à la qualité de l’air intérieur (enfermement prolongé dans des pièces non aérées au domicile, ou au bureau) ; mais aussi liés au mode de vie : stress, alimentation insuffisamment équilibrée, carence en vitamines, consommation d’alcool…

De l’intérêt crucial des tests d’allergies pour une prévention optimale

Bien identifier les allergènes responsables des réactions allergiques (dépistage) contribue grandement à limiter les facteurs d’exposition et les risques de certaines réactions qui peuvent s’avérer extrêmement graves : choc anaphylactique, œdème de Quincke, asthme, etc. (3 % à 15 % des chocs anaphylactiques et au moins 8 % des crises d’asthme auraient une origine allergique).

Les tests d’allergies complètent l’examen clinique mené par un professionnel de santé. Ils ont pour objectif de simuler de façon visible, sur la peau, le conflit généré par la sensibilisation allergique à l’intérieur de l’organisme et ainsi d’identifier les allergènes qui, dans de nombreux cas, sont multiples.

Les tests cutanés ou timbres, sont utilisés pour la recherche des allergies de contact et pour celle de certaines allergies alimentaires. Il s’agit d’obtenir un effet local similaire au symptôme dominant du patient en appliquant une série de timbres enduits de la substance que l’on soupçonne à l’origine de l’allergie à des concentrations différentes, ou de plusieurs substances testées en même temps. Ces timbres sont collés sur la peau du patient et laissés en place quelques heures ou quelques jours.

réactifs tests d'allergies
Les conservateurs utilisés dans l’industrie alimentaire comme le E221 peuvent être responsables d’allergies pour les personnes intolérantes aux sulfites par exemple.

Les tests épidermiques consistent à introduire les allergènes par une minuscule piqûre de moins d’un millimètre de profondeur. La réaction attendue dans les minutes qui suivent est une papule plus ou moins large ressemblant à une piqûre d’ortie. Dans le cas de crises d’urticaire, l’intérêt est de pouvoir identifier si l’allergie et d’ordre alimentaire ou due aux facteurs ambiants, comme certains pollens qui induisent des problèmes respiratoires comme l’asthme et la rhinite saisonnière.

Les tests sanguins affinent les différents examens dans la recherche de réactions aux médicaments ou à certains venins (guêpes, abeilles).

Traitement par la désensibilisation, une méthode éprouvée

L’un des traitements pour soigner les allergies est la désensibilisation ou immunothérapie allergénique. Elle vise à induire une tolérance de l’organisme vis-à-vis de l’allergène. À condition que le protocole soit rigoureusement appliqué et que le suivi soit réalisé avec méthode, le traitement consiste à soumettre l’organisme à des doses croissantes d’allergène. La désensibilisation est prescrite par un médecin spécialiste de l’allergie (pneumologue, médecin allergologue). Elle demande une motivation particulièrement élevée au patient, car réalisée à intervalles réguliers, elle peut s’étaler sur une longue durée, de trois à cinq ans. Elle est particulièrement adaptée pour soigner les allergies respiratoires et celles dues à certains venins d’animaux, aux acariens, moisissures, pollen (graminées, herbacées et pollens d’arbres), aux poils d’animaux (chats, chiens, chevaux), aux piqûres d’insecte (guêpes, abeilles, frelons, moustiques).

Il existe trois façons de se faire désensibiliser : par injections, par gouttes et par comprimés. L’injection, qui nécessite de se rendre chez son médecin toutes les semaines puis tous les mois, est la plus ancienne et la plus contraignante. Les deux autres méthodes permettent au patient de  s’administrer lui-même le traitement de désensibilisation, sous la forme de gouttes ou de comprimés à déposer sous la langue. La désensibilisation a un effet bénéfique durable chez 70 à 90 % des patients traités. Chez ceux qui souffrent d’allergies aux acariens et aux pollens, le taux de réussite atteint les 70 %. Le traitement est efficace à plus de 90 % chez les personnes allergiques au venin d’insectes. Mais il faut garder à l’esprit que la désensibilisation est moins efficace chez les individus aux prises avec plusieurs allergènes.

Le Souffle 84 propose son aide pour le dépistage

Forte d’un réseau d’acteurs locaux de la prévention et du soin – pneumologues, allergologues, tabacologues, addictologues -, et de certaines structures et associations dont nous sommes partenaires, notre association accompagne les patients dans leur parcours de soins et les oriente vers ces spécialistes qui les aideront pour le diagnostic de leur maladie.

Notre maison-mère, la Fondation du Souffle, dont nous sommes l’un des comités départementaux, est également à même d’offrir son expertise grâce à  une documentation adaptée et par des actions au bénéfice des patients.

Trouver des réponses et de l’aide
pour les patients souffrant d’allergies

  • La Fondation du Souffle propose sur son site des fiches et des conseils
  • Un numéro vert labellisé « Aides en santé » par Santé publique France :  0800 19 20 21 du lundi au jeudi de 9h00 à 13h00 et de 14h00 à 18h00, le vendredi de 9h00 à 12h00 (ce numéro renvoie vers la plateforme Asthme & allergies)

Les réseaux de mesures et d’études

  • Le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), présent sur tout le territoire métropolitain, édite une carte quasi quotidienne de vigilance des pollens
  • Et pour recevoir des alertes ciblées sur la région PACA, particulièrement exposée aux pollens, l’application Alertes pollens est également disponible sur Google Play et Apple Store

Des dates pour agir

Pour s’informer